Mise à jour économique du gouvernement du Québec – 25 novembre 2025
Le RQDS souhaite offrir à ses membres et partenaires un éclairage sur les principales orientations gouvernementales découlant de la récente mise à jour économique du gouvernement du Québec grâce à une récolte de réactions émanant de l’écosystème provincial.
Action intersectorielle
On ne retrouve aucune mesure dans cette mise à jour qui viendrait soutenir les acteurs locaux et régionaux dans leur action concertée pour faire face aux multiples enjeux vécus dans les territoires (Ex. : crises du logement, de la sécurité alimentaire, climatique, etc.).
Réduction des cotisations
En cohérence avec sa volonté d’alléger le fardeau fiscal des travailleur.euse.s, le gouvernement annonce une réduction des cotisations au RRQ et au RQAP, représentant en moyenne 80 $ d’économie par personne par année. Cette mesure constitue un geste positif pour plusieurs ménages, même si son impact demeure plus marqué pour les revenus plus élevés et n’améliore pas la situation des personnes éloignées du marché du travail.
Déficit
Le gouvernement prévoit un déficit de 9,9 milliards (dont 2 milliards d’imprévus) et un retour à l’équilibre en 2029-2030. On peut souligner dans ce contexte, le choix de réduire ses revenus, par exemple en abandonnant la taxation additionnelle des gains en capital pour 400 millions annuellement ou en réduisant les cotisations pour 800 millions annuellement. Ce déficit marque également la fin de l’utilisation des surplus accumulés depuis le début du premier mandat de la CAQ.
Investissements additionnels
Des investissements totalisant 59 millions de dollars sont annoncés pour soutenir les personnes vulnérables :
- rehaussement du Programme d’adaptation de domiciles et du programme RénoRégion (50 M$),
- mesures d’urgence en itinérance (5 M$),
- bonification des pratiques mixtes d’interventions psychosociales.
De plus, l’indexation de 2 % du régime d’imposition, des prestations d’assistance sociale et de certains tarifs, bien que sous le taux d’inflation, apportera des retombées positives sur le crédit d’impôt de solidarité et sur les prestations d’aide sociale.
Dans un contexte de forte pression tarifaire, le gouvernement offre aussi un coup de pouce temporaire aux entreprises grâce à un congé de taxe :
- 6 000 $ pour les entreprises agricoles,
- 43 000 $ pour celles du secteur forestier,
- 2 500 $ pour les entreprises de pêche.
Toutes les entreprises profiteront également de la réduction de leurs cotisations au RRQ et au RQAP.
Lutte aux changements climatiques
Finalement, le gouvernement transfert 1,8 milliards de surplus du Fonds d’électrification et de changements climatiques vers le Fonds des générations, ce qui constitue un recul significatif dans la lutte aux changements climatiques.
Documents de référence
Certaines réactions à la mise à jour économique
Table nationale des corporations de développement communautaire – TNCDC
La TNCDC déplore que le gouvernement, encore une fois, n’annonce aucune mesure réellement structurante pour s’attaquer aux causes des crises sociales qui sévissent au Québec actuellement. […] « On a frappé le mur un peu partout au Québec avec des crises sociales contagieuses et exponentielles. Les gens n’arrivent plus à se nourrir ou à se loger. Et bien que l’aide d’urgence soit appréciée pour les personnes les plus vulnérables, c’est nettement insuffisant pour répondre aux besoins. La grogne monte dans les territoires et le gouvernement ne joue absolument pas son rôle et encore une fois refuse de redonner un peu d’air, juste un peu d’air à notre monde » précise madame Audet, directrice générale de la TNCDC. Pour plus d’information : Communiqué
L’Union des municipalités du Québec – UMQ
À la suite de la mise à jour économique présentée par le ministre des Finances du Québec, M. Eric Girard, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) souligne l’ajout de mesures visant à soutenir la vitalité des régions dans un contexte économique difficile.
« Le gouvernement propose des mesures utiles pour soutenir certains secteurs en difficulté dans le contexte économique actuel où les défis sont importants. Le prochain budget devra répondre aux priorités municipales comme le financement des infrastructures, la vitalité de l’industrie forestière et le développement du transport collectif. Beaucoup reste à faire pour l’économie et les régions. » a souligné Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche. Pour plus d’information : Communiqué
L’Institut économique de Montréal – IEDM
« Ce qu’on observe n’est pas tant que le gouvernement multiplie les annonces de programmes, mais bien que la machine peine à contenir la croissance des dépenses », déclare Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Essentiellement, les Québécois et les Québécoises n’en obtiennent pas vraiment plus de la part de Québec, mais la facture continue d’augmenter rapidement. »
Pour l’exercice financier 2025-2026, le gouvernement prévoit de dépenser 166,7 milliards de dollars. L’an dernier, Québec avait dépensé 161,3 milliards de dollars. Cela représente donc une hausse de 5,4 milliards de dollars.
Les revenus, quant à eux, sont en hausse de 2,6 milliards de dollars par rapport à l’an dernier. Le résultat est un déficit projeté de 12,4 milliards, en hausse de 4,8 milliards de dollars par rapport à l’an dernier.
« Si le gouvernement Legault souhaitait réellement aider les familles à faire face à l’incertitude économique et au coût de la vie élevé, il aurait mieux fait de donner un congé de taxe sur l’essence », rappelle M. Giguère. « Une telle mesure aurait permis aux Québécois et aux Québécoises d’épargner des centaines de dollars par an, plutôt qu’un maigre 1,54 $ par semaine. ». Pour plus d’information : Communiqué
L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques – IRIS
Ce choix peut paraître habile à première vue étant donné qu’il permet effectivement de réduire la charge fiscale des contribuables sans engager de nouvelles dépenses. La décision est néanmoins lourde de conséquences parce que le gouvernement s’empêche ainsi d’améliorer ces programmes ou simplement d’accumuler une marge de manœuvre qui favoriserait la santé du régime sur le long terme. C’est d’autant plus vrai que le gouvernement a souvent sonné l’alarme sur l’épargne insuffisante des ménages québécois. En somme, la réduction des cotisations constitue un geste de démutualisation et par conséquent envoie un mauvais signal.
En somme, la mise à jour sur les finances publiques présentée aujourd’hui par le ministre des Finances confirme que l’économie québécoise, en période d’incertitude, échappe pour l’instant à un scénario catastrophe. Le gouvernement caquiste a donc pu vaquer à ses occupations habituelles, soit offrir des incitatifs fiscaux aux entreprises sans garantie de retombées favorables et des réductions de cotisations sociales au risque d’affaiblir des outils pourtant précieux pour la collectivité. Pour plus d’information : Communiqué
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ
« Protéger le pouvoir d’achat et l’économie, c’est bien, mais protéger les services publics qui sont le gage de la santé et du bien-être de la population, ce serait encore mieux, affirme la présidente de la FIQ, Julie Bouchard. Malheureusement, nous restons sur notre faim : le gouvernement n’annonce aucun plan de match pour le réseau de la santé et des services sociaux. Pour plus d’information : Communiqué
Conseil du patronat du Québec – CPQ
« La mise à jour économique contient des mesures bienvenues pour alléger la pression fiscale des entreprises. Toutefois, détourner les surplus du FECC compromettrait notre capacité collective à accélérer la transition climatique. Les surplus de ce fonds ne sont pas un levier budgétaire, ils sont un investissement essentiel pour réduire les gaz à effet de serre (GES) et soutenir la compétitivité de nos entreprises », déclare Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ. Pour plus d’information : Communiqué